20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 09:30

Avoine née en mars
Veillée terminée
Avoine moissonnée
Veillée venue.



Maison Corrézienne.Le Vent Haut.(19)

 



Les vieux occupent l'archabanc de part et d'autre du cantou dans la grande cheminée. L'archabanc est un coffre en bois, avec ou sans dossier ou accoudoirs, servant autrefois de chaise à sel.
Les membres de la famille et les invités se répartissent autour des bûches qui flambent sur les chenêts. Les niches aménagées dans le mur noir de suie de l'âtre abritent des allumettes, les cendres de bois gardées précieusement pour la prochaine lessive, le pot à tisane.

Les gens jouent aux devinettes en patois (que quo es que quand marcha laissa un bouchi de sa coà) (Qui, en marchant, laisse un morceau de sa queue, c'est l'aiguille qui coud) ou en français (Quelle est la ville la plus légère de France ? - quoué Tulle, pet moun am). Certains font des tours de cartes, manipulent des pièces devant des gosses émerveillés.

Souvent, 20 à 30 personnes sont réunies dans la grande salle ; autrefois, cela se passait dans l'écurie, plus spacieuse, jonchée de paille fraîche pour la circonstance. On avait la chaleur des bêtes, mais aussi leurs odeurs, mais personne n'y prêtait attention.

On parle des loups, même s'ils se font rares ou n'existent plus dans le pays. Les superstitions ont la vie dure : loups-garous, bêtes malfaisantes de la nuit, chasses volantes, sorcières des landes et bruyères sont évoqués. Les vieilles y ont longtemps cru, et elles se signent en racontant ces terribles dangers devant les gosses apeurés qui se serrent contre les jupes de leurs mères.

Les anciens parlent de leur service militaire, des pays qu'ils n'auraient jamais connus sans l'uniforme. On revient sur les exploits de Napoléon, la guerre de 1870 et la grande guerre, qui a enlevé tant de bons bras et de beaux partis dans les fermes.

Les grands-mères ont toujours beaucoup de succès avec leurs contes : les princesses et les riches, les pauvres paysans et leurs misères, les amours du seigneur et de la pauvre bergère, la tristesse de celle qui attend son bien-aimé parti à la guerre. On retrouve la tradition paysanne dans ces récits naïfs et moraux, marqués parfois d'une certaine résignation nostalgique.

Il y a toujours un jeune homme et une jeune fille qui se mettent à chanter. On retrouve «la Yoyette », « Virginie les larmes aux yeux », « les Culottes rouges », « la Marion sous un pommier »... On fait de la place en serrant la table contre le mur. Si un musicien est là - et il y en a un dans chaque hameau, on dansera au son de son violon ou de l'accordéon. Mais on peut pratiquement se contenter de chanter ou danser sans peine la Bourrée. Les sabots claquent en mesure sur le plancher de châtaignier.

La chandelle à huile éclaire chichement la grande salle, plus tard viendra la lampe à pétrole. La veillée se prolonge. Les gamins s'endorment et on les étend sur des lits. On casse des noix, on boit du cidre, on épluche les châtaignes grillées avec le « diable » dans le cantou. Ceux qui ne veulent pas perdre de temps font de la « tille » (des liens) avec l'écorce de tilleul, fabriquent des paniers, un balai de bouleau pour le propriétaire des lieux, tissent la paille de seigle pour faire un paillassou...

Les femmes échangent des recettes, mettent au point des tisanes miracles ou des liqueurs magiques. Les vieilles passent en revue tous les potins de village, sans méchanceté, mais en n'épargnant personne. Les accordeurs posent des jalons pour voir si on ne pourrait pas envisager de mariage et rapprocher telle ou telle famille par une union plus de raison et d'intérêt que de sentiments.

Les jeunes apprennent à se connaître et des rapprochements s'ébauchent, promesses de rencontres suivies ou non.

On se lève à minuit passé, les femmes se serrent dans leurs grandes capes, on rallume les lanternes ; les hommes passent devant et la marmaille suit, à demi endormie. Les petites lumières s'égrènent sur les chemins. La semaine prochaine on se réunira à nouveau chez une voisine et les semaines d'hiver s'écouleront. Oh! le charme de ces veillées d'autrefois, où se côtoyaient jeunes et vieux, voisins du village, où s'échangeait tant de chaleur humaine au coin d'un bon feu!

Mon arrière-grand-mère racontait à ma mère : « nous rentrions en silence, la lanterne à la main ; la glace crissait sous nos sabots. J'entendais les loups hurler du côté du Bois du Fleix et le chien n'en menait pas large. Aussi, quel soulagement lorsque nous fermions derrière nous la porte de notre chaumière sur la nuit glaciale ! Les braises étaient encore rouges dans le cantou où le chat nous attendait... »

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Published by Dracip27 - dans Nostalgie
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commentaires

Lajemy 20/12/2008 20:37

dommage que ces vieilles traditions disparaissent....bonne soirée

Dracip27 20/12/2008 20:53


Nous le regrettons tous,je pense.


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