Tympan d'une église avec une inscription datant de 1905 suite à la loi sur la Séparation des Églises et de l'État en 1905
Liberté, Égalité, Fraternité est la devise de la République française.
Liberté
Premier mot de la devise républicaine, la liberté. La Déclaration des droits de l'homme de 1793 la définit ainsi : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. ». « Vivre libre ou mourir » fut une grande devise républicaine.
Égalité
Deuxième terme de la devise de la République, le mot égalité signifie que la loi est la même pour tous, que les distinctions de naissance ou de condition sont abolies et que chacun est tenu à mesure de ses moyens de contribuer aux dépenses de l'État. La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 déclare que : « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi. » Selon la déclaration des droits de l'homme de 1795 : « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. »
Fraternité
Troisième élément de la devise de la République, la fraternité est ainsi définie dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III (1795) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».
Pendant la Révolution française, « la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français ou étrangers, luttaient pour l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité ».
Selon Paul Thibaud, philosophe et ancien directeur de la revue Esprit, « Autant la liberté et l'égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. C'est donc un mot d'ordre moral. »
Histoire « Liberté, Égalité, Fraternité » est une devise issue de la Révolution française. Le premier à en faire usage dans un cadre officiel est Maximilien de Robespierre, dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales, le 5 décembre 1790 à l'Assemblée Nationale[3]. Les termes sont repris par le Club des Cordeliers le 29 mai 1791[4], puis par Jean-Nicolas Pache (maire de la commune de Paris, il fait peindre sur les murs, le 21 juin 1793, la formule : « Liberté, Égalité, Fraternité, ou la mort »). La devise est progressivement abandonnée avec la fin de la révolution.
La devise ressurgît avec la révolution de 1830. Elle est ensuite régulièrement revendiquée par différents révolutionnaires, en particulier le socialiste Pierre Leroux, qui participera largement à sa reconnaissance comme principe de la République. Avec la révolution de 1848, la IIe République l’adopte comme devise officielle le 27 février 1848, grâce à Louis Blanc. Sous la IIIe République, la devise est adoptée comme symbole officiel de la République[5].
Entre-temps, elle sera mise à mal avec les principes mêmes de la République : elle sera supprimée sous l'Empire et la Restauration, puis sous le Second Empire, et enfin sous le régime de Vichy.
Associée à la République dite ouvrière, la devise prend alors tout son sens : le suffrage universel (masculin) adopté, la Liberté ne s'arrête plus aux portes de la Bourgeoisie ; par la promotion des Associations ouvrières (ancêtres des coopératives de production), la création de la Commission du Luxembourg étend l'Égalité aux domaines économiques et sociaux ; et la Fraternité, à travers un État représentant l'Union du peuple souverain, vient pondérer l'engouement de ses sœurs Liberté et Égalité. Alors qu'auparavant les Républicains avaient cette tendance à privilégier ou l'Égalité ou la Liberté, la France trouve à ce moment précis de l'histoire la voie de la démocratie. Mais encore une fois, la République se divise : la répression ouvrière de juin 1848 et le retour de l'Empire remettent en question la philosophie et la portée de cette triade. Ce n'est qu'en 1880 qu'elle apparaît sur les frontons de toutes les institutions publiques, et au milieu du XXe, qu'elle s'inscrit durablement dans l'histoire de la République Française, avec la constitution de 1946.
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