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Le PAPE
Aujourd’hui encore, les Grecs appellent pappas les simples prêtres de l’Église orthodoxe (ce mot grec est aussi à l'origine du mot russe pop utilisé péjorativement pour désigner les prêtres orthodoxes, qui est lui-même à l'origine du mot français « pope »).
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On appelle pape un certain nombre de chefs d'Églises chrétiennes. Parmi celles-ci :
Seuls les deux premiers utilisent le titre de pape comme titre principal. Pour les autres, ce n'est qu'un titre annexe rarement employé.
Dans l'usage français reconnu par tous les dictionnaires usuels, et quoiqu'il ne résume pas la totalité de l'usage francophone, le terme de pape employé sans plus de précision désigne exclusivement le chef suprême de l'Église catholique. C'est dans ce sens seul que ce terme est employé dans cet article ainsi que dans les autres articles traitant des papes, sauf mention contraire.
Pour les historiens, c'est le Concile de Chalcédoine - celui qui fixe le credo - qui, effaçant l'attelage de trois métropolites, accorde en 451 le titre de Pape, assorti de la primauté sur tous les autres évêques, au seul métropolite de Constantinople. Jean Guyon dit que le premier évêque monarchique de Rome fut Victor Ier (180-199).
La théologie catholique fait, elle, remonter la lignée des papes à l'apôtre Pierre qui aurait été le premier évêque de Rome jusqu'à sa mort en 64 ou 67. S'appuyant sur une lecture de l'Évangile, elle affirme que le rôle du pape de présider à l'unité de l'Église a été énoncé par le Christ, ce qui s'exprime dans l'évangile de Matthieu : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église... je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16:18-19) et dans l'évangile de Jean, par les paroles : « Simon [Pierre], (...) Pais mes agneaux... Pais mes brebis » (Jn 21:15,16,17). Ainsi, l'Église catholique romaine considère que les papes se sont succédé en une lignée ininterrompue depuis Pierre, bien que sa primauté sur l'Église, ses fonctions et pouvoirs actuels, son titre même de pape ne soient apparus que plusieurs centaines d'années plus tard dans l'histoire de la chrétienté puis du catholicisme romain en particulier. On reconnaît donc rétroactivement le titre de pape à des personnes qui ne l'utilisaient pas de leur vivant de même qu'on leur reconnaît le statut d'évêque avant que celui-ci ne soit précisément défini.
Le prestige éminent de la position de l'évêque de Rome dans la chrétienté depuis l'antiquité paléochrétienne réside avant tout en la présence supposée des tombeaux des coryphées des apôtres Pierre et Paul dans cette ville, l'un au Vatican, près de l'ancien cirque de Néron, et l'autre sur la via Ostiense, aux portes de Rome. Dans les premiers siècles de notre ère, Rome devient ainsi ville de pèlerinages « ad limina apostolorum ». L'Église catholique a toujours revendiqué une fondation apostolique induisant l'autorité magistérielle dont elle se prévaut et que les titulaires du siège de Rome ont affirmée depuis longtemps. Cependant, dans l'Église catholique, si le pape a une quelconque autorité, c'est uniquement parce qu'il est l'évêque de Rome. Ainsi, la seule titulature officielle du pape dans l'antiquité était le mot « Évêque », (sous-entendu : de la ville). Aujourd'hui encore, dans ses bulles les plus solennelles, le pape signe de ce seul titre d'« Évêque », accompagné de la formule grégorienne: « Ego, N., episcopus, servus servorum Dei ».
L'origine de la fonction papale est avant tout d'ordre spirituel, ou mystique, bien avant d'être politique (elle ne l'est que secondairement). Néanmoins, la Donation de Constantin, un faux document composé vers le VIIIe siècle, fut rédigé pour laisser accroire qu'en quittant Rome l'empereur Constantin aurait remis à l'évêque de Rome non seulement le palais du Latran, mais encore les insignes de la dignité impériale, laissant l'Occident au pouvoir (potestas) du pape.
Pendant le premier siècle de l'Église chrétienne (30-130), la capitale romaine fut reconnue comme un centre chrétien d'importance exceptionnelle; mais il y a peu de références de cette époque concernant une reconnaissance de la primauté du Siège romain en dehors de Rome.
Plus tard, au second siècle après Jésus-Christ, il y a eu quelques manifestations de l'autorité de Rome sur les autres Églises. En 189, il est fait mention de la primauté de l'Église de Rome dans le livre "Contre les Hérésies" de Saint Irénée de Lyon (3:3:2): "Avec l'Église de Rome, en raison de son origine supérieure, toutes les Églises doivent être d'accord ... et c'est en elle que la tradition apostolique a été maintenue." Et en 195, le pape Victor Ier, dans ce qui est considéré comme un exercice de l'autorité romaine sur les autres Églises, excommunia les Quartodécimains du fait qu'ils observent la Pâques le 14 Nisan (ou Aviv), la date de la Pâque juive, une tradition transmise par Saint Jean l'Évangéliste. La célébration de la Pâques un dimanche, comme le pape l'a demandé avec insistance, est le système qui a prévalu.
Du point de vue de l’administration civile, l’Empire romain était divisé en provinces, chacune étant dirigée à partir de sa métropole (littéralement « ville-mère », en grec). Du point de vue de l'administration des églises, cette désignation ne s'appliquait qu'à Antioche, Alexandrie, Nicomédie puis Constantinople qui la remplace. À la fin du IIIe siècle ou au tout début du IVe siècle, l’évêque de chaque métropole, ou métropolite, a pris de l’ascendant sur les autres évêques de la province.
En 325, le Concile de Nicée entérine cet état de fait : nul évêque ne peut ordonner un prêtre ou un autre évêque sans l’accord de son métropolite. Le même concile affirme aussi, pour trancher le conflit mélitien et en se référant, dit-il, à un usage déjà constitué, que trois métropolites ont des compétences qui dépassent le cadre de leur province, ceux d’Alexandrie, de Rome et d’Antioche. La circonscription qui dépend d’Alexandrie regroupe toutes les provinces d’Égypte et de Libye. Bien que le concile ne précise pas quelles sont les limites des deux autres, on peut supposer qu’Antioche avait la responsabilité de la Syrie, de la Palestine et des provinces limitrophes, et que Rome dominait l’Italie, (avec, peut-être, une certaine influence en Gaule et en Afrique, comme en avait témoigné le concile d’Arles en 314).
Pendant le IVe siècle, le siège de Rome resta un peu à l’écart des principaux débats théologiques, pour des raisons linguistiques et géographiques : les principaux conciles eurent lieu en Orient et en grec ; l'évêque de Rome n’y envoya souvent que de simples prêtres ou des évêques mineurs pour le représenter et ceux-ci ne prenaient pas part aux votes. Malgré cette faible implication et l’absence d’autorité sur la chrétienté orientale, Rome réclamait un certain prestige, équivalent à celui des métropoles orientales. Sa faible implication conduisit à lui demander à plusieurs reprises son arbitrage, lors de la crise arienne, puis à propos des discussions sur la nature du Christ (ce qui ne veut pas dire que ses avis aient été écoutés). Elle servit surtout de soutien, dans les querelles doctrinales, au siège d’Alexandrie et Théodose, à son avènement, proclama pour loi religieuse de tout l’empire, « la foi de l’évêque de Rome et de l’évêque d’Alexandrie ».
Source:Wikipedia