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Guillaume Tell (en allemand Wilhelm Tell) est un héros des mythes fondateurs de la Suisse. Il aurait vécu dans le canton d'Uri au début du XIVe siècle et se serait rebellé contre le bailli autrichien qui l'avait défié de tirer un carreau d'arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils.
Selon la tradition, Guillaume Tell était un ancien mercenaire, retiré dans ses montagnes et connu pour être un expert dans le maniement de l'arbalète.
À l'époque, l'empereur d'Autriche (un Habsbourg) cherchait à dominer le canton d'Uri. Son gouverneur autrichien, Hermann Gessler, nouvellement nommé en tant que bailli, érigea un poteau sur la place centrale du village d'Altdorf et y accrocha son chapeau, dans le but d'obliger tous les habitants à se courber devant son couvre-chef, afin de mettre à l'épreuve la loyauté de la population.
Or, Guillaume Tell passa un jour avec son fils devant le poteau coiffé sans accomplir le geste exigé ; arrêté, il continua à refuser d'accomplir ce geste obligatoire. Le bailli Gessler lui ordonna, sous peine de mise à mort, de percer d'un carreau une pomme posée sur la tête de son fils, à l'aide de son arbalète.
Guillaume Tell réussit son exploit et coupa le fruit dès son premier carreau sans toucher l'enfant. Mais Gessler avait vu que Tell dissimulait un second carreau sous sa chemise et lui en demanda la raison. Tell répondit que si le premier trait avait manqué sa cible, le second aurait été droit au coeur du bailli. Ce commentaire insolent enragea Gessler qui fit arrêter et jeter Guillaume Tell en prison sur le champ. Celui-ci jura de se venger. Le bailli partit ensuite en navire pour l'Autriche avec le prisonnier, qui s'évada et le tua.
Cet épisode héroïque aurait été à l'origine de la rébellion des Suisses contre les ducs d'Autriche, ce qui conduisit à l'unification des cantons historiques et à l'indépendance de la Suisse.
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Au XIXe siècle, le mythe change. Le personnage historique se trouve réduit à un personnage de légende. Guillaume Tell est désacralisé, mais la ferveur populaire reste. En 1848, la nouvelle Confédération éprouve un besoin de légitimité et d’identité. Tell devient alors le symbole d’une identité nationale ancestrale. Le mythe reste encore aujourd’hui indéracinable et les Suisses continuent de démontrer une sensibilité attentive et passionnelle envers leur héros, malgré les hésitations des historiens et l’ironie de certains intellectuels. Cela semble confirmer les propos de l’historien suisse Louis Vuillemin : « Telle légende, accueillie par la nation et devenue partie de son existence, possède plus de valeur morale, et a acquis plus d’importance que bien des faits matériellement constatés. »
Il n’y a pas de société qui ne procède pas de temps à autre à une autocritique, même lorsqu’elle est désabusée et négative, pour proposer d’autres ambitions et un autre idéal. Comme les mythes sont l’expression privilégiée de l’ancien idéal, ils deviennent inévitablement des cibles. Guillaume Tell n’y échappe bien sûr pas et surtout depuis la fin des années 1960. Le mythe paraissant néanmoins indestructible, ce n’est pas par sa négation, mais par son inversion que l’autocritique s’est faite dans la conscience nationale. La version la plus achevée peut-être du mythe inversé et aussi la plus subversive est le Guillaume Tell pour les écoles de Max Frisch.
Source:Wikepedia