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Avec les extraits de textes qui suivent, j'ai pensé que cela résume assez bien la situation. Rappelez vous, ce ne sont que des extraits.
L'homme
Dès qu’un sentiment heureux de quelque intensité apparaît dans cette psychologie, l’homme perd immédiatement une grande partie de ses moyens. Paralysé, il ne trouve plus les mots pour exprimer sa joie ; son visage s’éclaire ; il sourit béatement. Bien vite il essaie de détourner la conversation sur des sujets banals. Les émotions l’épuisent, il a soif. Il faut remarquer avec quelle gaucherie certains assistent à un mariage qui les émeut. Les pères des jeunes mariés doivent faire un effort sur eux-mêmes pour se donner un peu de souplesse. Le jeune papa qui apprend la bonne nouvelle de la naissance de son enfant devient tout drôle, presque sot. Il regarde d’un air hébété l’infirmière ; la joie l’écrase. Parfois, l’homme ne contrôle plus ses réactions ; les sentiments de bonheur fusent en tous sens ; il parle, rit, fait des gestes. Son comportement excité dénote un bouleversement psychique que l’individu ne parvient pas à maîtriser ; il ne perçoit même pas le côté comique et ridicule de ses attitudes.
Lorsque l’homme est cruellement blessé dans ses sentiments, il se raidit de toutes ses forces. Pour supporter la sensation douloureuse, il évite de relâcher sa tension intérieure qui le durcit. On a l’impression d’un état psychique prêt à craquer. Sous l’effet de cet effort de résistance, des décharges énergétiques engorgent l’organisme. L’individu se sent emporté par des poussées difficilement maîtrisables. Ces débordements peuvent être déclenchés par une simple attitude de mépris, d’ironie ou d’indifférence de la part de la personne qui, involontairement ou de bon gré, est la cause de cette torture morale. Incapable de contenir ses énergies qui l’envahissent, l’homme est déchaîné. Alors l’idée qui servait à orienter sa tension interne, devient une idée fixe qui dirige les gestes du meurtrier. Dans une semi-conscience, il s’acharne sur sa victime jusqu’à épuisement de ses forces. Cet envahissement de l’organisme est si intense qu’aucun souvenir précis ne subsiste dans la mémoire qui n’a pu fonctionner normalement. Bien que l’individu n’ait aucune défectuosité mentale, il sort soulagé, hagard, épuisé de cette crise ; il se demande comment il a pu en être arrivé là et il se pose cette question très loyalement ; il ne sait que dire : « J’ai eu un coup de sang » ou : « J’ai vu rouge ».
La femme
La sensibilité féminine n’atteint véritablement toute sa finesse et son équilibre que sous l’effet d’une générosité totale. Elle s’harmonise alors en s’approfondissant jusqu’au plus intime de cette nature humaine. Les sensations éprouvées deviennent plus riches, plus nuancées, plus variées. Les réactions moins violentes sont plus douces et s’adaptent avec précision aux vitalités étrangères. La femme se montre par conséquent capable d’une réelle communion psychique avec tous ceux qui l’entourent. Elle peut alors vivre des joies intimes qui la conduisent au bonheur.
Nous ne pouvons comprendre le comportement féminin dans son ensemble qu’en partant de la sensibilité. Chez une femme équilibrée, toutes les sensibilités s’harmonisent, en effet, en une synthèse dont la base est le sentiment.
C’est la raison pour laquelle la femme ne recherche pas les plaisirs de la table pour eux-mêmes. Ces diverses sensations ne lui sont réellement agréables que si elle les partage avec une personne qu’elle affectionne. Le facteur sentimental est si important qu’elle trouve délicieux un plat, uniquement parce qu’il lui est offert avec amabilité. Bien plus elle finit par l’aimer. Elle s’enthousiasme à un match de ballon, de boxe, de catch, uniquement parce qu’elle y assiste en compagnie de son fiancé, de son mari, ou bien parce qu’elle éprouve un sentiment particulier pour une équipe. En face de certaines brutalités, elle pousse des cris, se crispe, détourne le regard ; qu’importe ? elle est heureuse de partager des émotions avec ceux qu’elle aime.
Lorsque la femme ressent de l’antipathie, elle ne peut goûter les plaisirs auprès des personnes pour qui elle éprouve du ressentiment. Les distractions les plus agréables lui paraissent insupportables ; les paysages les plus beaux deviennent ternes ; les mets les plus succulents sont insipides. Il n’est pas toujours très facile à un mari de faire admettre à son épouse que le repas qu’il a bien fallu accepter chez une « chère amie » était délicieux ! Les hommes pensent qu’il s’agit d’un parti-pris ; ils oublient que la sensibilité physiologique de la femme est en étroite dépendance de la sensibilité sentimentale.
Cette dépendance est très manifeste encore dans le comportement de la femme à l’égard de ceux qui l’entourent. Les défauts physiques disparaissent à ses yeux lorsque des sentiments affectueux augmentent. Elle trouve beau son enfant, découvre du charme chez l’homme pour qui elle a de la tendresse. Elle est capable de surmonter les pires répugnances pour soigner ceux qu’elle aime. Mais dès que son affection diminue, les moindres travers lui deviennent une gêne ; son antipathie lui rend insupportable un sourire, un regard, un baiser. Tous ces témoignages déclenchent même des répulsions physiques.
Source: http://www.famille.pyrat.net
Source de la famille Pyrat. Louis J.M. SAHU ChommeET femme(1960 environ)