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Nom féminin d'origine provençale (bordiho) signifiant : détritus. Au pluriel, on l'emploie pour désigner le contenu des poubelles : "Tè, puisque tu descends, sois brave, descends-moi les bordilles". Mais au singulier, c'est une injure grave. Quiconque aura été victime d'une perfidie pourra se plaindre de l'auteur du délit : "Celui-là, qué bordille !". À noter que l'insulte peut s'appliquer à tout être humain qu'il soit homme ou femme. Surtout en renchérissant : bordillasse.
Du provençal boufega = se goinfrer, s'empiffrer.Ce mot s'est répandu dans toute la France il signifie maintenant simplement manger. Noter que la racine de ce mot provençal boufe = gonflé d'air à donné aussi le mot français bouffant qui désigne le gonflant d'une robe par exemple.
Au XIXe siècle le grammairien J.B Reynier voyait dans ce mot un barbarisme fondé sur faire des bonds ou rebondir c'est le sens qu'on lui donnait et donne toujours à Marseille, on l'utilise aussi pour rouler à vive allure.
Un de ces provençalismes qui faisaient enrager les grammairiens au XIX{{{2}}} siècle : " Pour de bon ? = " sérieusement ? " " C'est un bon, lui " = " c'est quelqu'un de bien, lui ". Les paysans des zones rurales autour de Marseille disaient même le bon du jour pour parler du milieu de la journée. Malgré les mises en garde des gens de lettre, l'expression se bonifier , en parlant du vin, est passée dans l'usage chez les meilleurs auteurs au lieu de s'abonnir qui était préconisée.
Prendre un bock ou bocker c'est piquer un fard, avoir honte, souvent à cause d'une mauvaise plaisanterie en société. Origine et orthographe inconnues, certains l'écrivent boque.
Déformation moderne de " Brancassi " qui est la traduction provençale du prénom Pancrace. Selon Frédéric Mistral, Brancassi est le personnage-type du nigaud bohème et je-m'en-foutiste qui se nourrit d'air pur et d'eau fraîche, un paresseux dans toute sa splendeur. Selon un proverbe " il n'aurait pas trouvé sa place aux galères ". L'acteur Fernand Charpin dirait de lui " qu'il n'est pas bon à rien mais mauvais en tout ". Suivant les générations on emploie Brancassi ou bras-cassé.
Le mot brave pour un Marseillais peut accessoirement désigner quelqu'un de courageux mais il peut désigner aussi quelqu'un d'infiniment bon et affable, incapable de dire ou de faire le mal. Il peut être utilisé aussi comme adjectif avec le sens de sacré.
Exemple : " il a un brave culot! " = " Il a un sacré culot! ".
Dans un sens plus péjoratif, il se dit aussi de quelqu'un d'un peu trop naïf ou d'un peu "simple".
Mot féminin. Une brêle c'est un nul un incapable, le terme s'étend aux objets qui fonctionnent mal, en dessous de leurs possibilités ou de mauvaise qualité, les jeunes appellent brêle une mobylette. Origine arabe (mûle).
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en provençal les brigues sont les lèvres, faire les brigues signifie faire la moue pour marquer son mécontentement.
la soupe de brigues ou Manger la soupe à la grimace, exprimer sa mauvaise humeur, surtout dans les rapports conjugaux.
Mot féminin de l'italien brocco = Un emplâtre, un cornichon, un nigaud. Une broque est quelqu'un de vraiment stupide, qui se distingue par le fait qu'il n'est pas soigneux, tant dans sa tenue vestimentaire que dans son comportement et surtout sa façon de travailler.
Les brousses sont des fromages frais de brebis (bruccio en corse) qui sont fabriqués aux alentours de Marseille dans les collines de l'Estaque et du Rove. Les vendeurs de brousses descendaient à Marseille au matin pour vendre la journée leurs fromages dans les quartiers et rentraient tard dans les fermes du Rove. L'heure des brousses est donc une heure tardive pour rentrer : nous sommes rentrés à l'heure des brousses signifiant que nous sommes rentrés tard.
Du provençal cabestran = cabestan; les matelots avaient autrefois un juron cabestran de boun dièu ! qui s'adressait plutôt à quelqu'un qui avait fait une grosse bêtise par incompétence. De nos jours un cabestron pour un homme c'est un cave, un pauvre bougre, pour une femme c'est une mocheté, un laideron.
Du provençal cabiscou qui était un dignitaire ecclésiastique appelé en français chef de chœur et qui présidait à l'organisation chantée de l'office. À Marseille le cabiscou est l'ancêtre, le patriarche de la famille.
La coccinelle. Au sens figuré les cacarinettes sont des fables, des histoires vraiment incroyables. De quelqu'un un peu fou, un peu poète, on dit qu'il a des cacarinettes dans la tête.
La tirelire. Tout endroit où on met les petites pièces de monnaie, la cagnotte constituée par les pourboires dans certains métiers.
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Frimeur, fanfaron. Un cacou est soit un petit voyou, soit un frimeur (le mot porte l'accent tonique sur la première syllabe). En voilà une voiture de cacou. Selon Victor Gelu, le mot viendrait du diminutif génois du prénom Francesco soit càcu. Le Trésor de la langue française fait de cacou une variante de cagou, dérivant de l'ancien français cacor, lépreux.
Du provençal cafoucho par le français cahute, il désigne un placard, un réduit ou débarras en général mal rangé puisqu'on appelle aussi cafouche un chambre en désordre.
Le cagnard ou canias (prononcer caniass) est un mot provençal qui désigne un endroit exposé au soleil et abrité du vent; le cagnard était aussi la cabane en tôle exposée en plein soleil, qu'on utilisait dans les régiments disciplinaires de la légion et des régiments d'Afrique, pour enfermer les punis et les prisonniers. Le cagnard désigne aujourd'hui le soleil lorsqu'il tape fort.
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Fille, jeune fille aux mœurs légères ou d'un comportement vulgaire, qui se fait remarquer de part son comportement et ces allures familières.
Exemples : elle fait trop sa cagole, mais c'est une cagole !
La cagole peut se définir comme une "pétasse", ou une fille s'habillant vulgairement. Du sens masculin: càcou
L'auteur marseillais Jean-Marc Valladier en donne une définition quelque peu délirante dans "le Parler gras, Glossaire marseillais iconoclaste":
"Hétaïre du trivial maintes fois mythifiée, quintessence d'un stéréotype qui confine au sublime, disséquée, glorifiée, célébrée à l'envie par les chantres de l'ethnologie locale, icône d'une féminité idéalisée aux quatre coins de la Galaxie mais jalousée par ses ersatz, magnifiée pour les esthètes par ses talons compensés, son rouge à lèvres bon marché et son chewing-gum baveux, la cagole et ses avatars, voire ses isomorphes sémantiques que sont la cagoline, la cagolette et la cagolasse, reste et restera pour l'éternité la pierre angulaire, l'alpha et l'oméga de l'univers fantasmatique du mâle marseillais en rut, la seule qui pourra étancher de sa seule présence son inextinguible soif d'absolu."
Editions du Fioupélan http://www.lefioupelan.com
De l'italien cagare qui signifie chier. En provençal il veut dire aussi qu'une fusée, un pétard ou une balle de fusil a fait long-feu. À Marseille lorsque quelqu'un dit j'ai cagué ça veut dire j'ai merdé j'ai raté mon coup, j'ai fait une grosse bêtise; d'ailleurs les objets aussi peuvent caguer lorsqu'ils ne fonctionnent pas ou se détraquent, à l'interlocuteur de comprendre.
Cette expression marseillaise qui est utilisée maintenant dans le langage courant français ressemble par l'orthographe et un peu par le sens au verbe français caler qui signifie qu'un moteur s'est arrêter de tourner , vient en réalité du provençal faïre calèti = mettre les pouces, se rendre, abandonner la partie, reculer devant un défi; les enfants d'autrefois l'employaient en criant calèti !,calèti ! lorsque l'équipe adverse s'avouait vaincue, ou déclarait forfait.
On cale devant un repas trop abondant, un problème récalcitrant, devant un effort trop grand. Noter que cette acception a été une fois de plus rejetée par l'Académie française parce que le grand François de Malherbe la trouvait burlesque. Les dictionnaires usuels continuent aujourd'hui à la considérer comme faisant partie du langage familier.
Jusque dans un passé récent calotte n'était utilisé qu'à Marseille pour désigner des claques, il est passé maintenant dans le parler national où il fait bon ménage avec taloche.
Mot oublié, qui vient du provençal capoun par l'italien cappone = un coquin, un vaurien et même un couard. On a retenu seulement l'expression "capon de sort" = coquin de sort.
Être vêtu de façon ridicule : le Caramentran ou Carême entrant était le mannequin ridiculement vêtu que l'on faisait brûler pendant le Carnaval
Du provençal "tarralha" signifiant "vaisselle en terre cuite. "Une tarraillette est une poterie d'argile miniature avec laquelle les enfants jouent à la dînette. Ainsi, casser les tarraillettes signifie que l'on casse les assiettes et les relations amoureuses, quelqu'un qui a cassé ses taraillettes est mort, il a cassé sa pipe en quelque sorte.
Les marseillais, qui ont un certain sens de la démesure, ont inventé pour déterminer une action qui va durer un bon moment, une unité de mesure du temps: l'année de dimanches à l'instar de l'année-lumière des astronomes. L'année de dimanches vaut une année civile mais en ne comptant que les dimanches, cent ans de dimanches valent donc (sauf erreur) 255500 jours. Pour un long travail les "français" diront il va me falloir 107 ans pour faire ça ! et les marseillais il va me falloir cent ans de dimanches !.
À l'origine ce mot signifiait remorquer. Il a la même origine que chalut, par la suite chaler quelqu'un signifiait l'entretenir puis le transporter sur son vélo et encore plus tard sur sa mobylette. En gros, le prendre en charge et faire tout le travail à sa place.
Est un mot arabe qui signifie garde, sur le port de Marseille les dockers appellent chaouche le douanier.
Du provençal chaplamen = Action de hacher, de mettre en pièces, un carnage. Un chaple c'est un travail mal fait, une pièce mise en désordre volontairement.
Du provençal chacar qui signifie aussi bien manger gloutonnement que quereller. Charcler signifie faire bombance ou se battre. Sur un stade lorsque "ça joue viril" on dit que ça charcle. Une charclade est une bagarre violente et souvent générale.
La chavane ou une chavane est un gros orage, " Il tombe la (une) chavane " = " Il pleut des cordes ".