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Le verlan pour tous.C'est d'la faute à Voltaire?

Le verlan

 

    Comme l'indique son nom, le verlan (l'envers ) est un langage codé qui consiste à inverser les syllabes des mots. Ce procédé est l'un des tours classiques de l'argot
    C'est vers 1970 que le terme "verlan" est apparu dans le langage des jeunes. En fait, les remous de mai 68 avaient fait sortir ce mot de l'argot des prisons, où il avait été créé durant les années 60. Mais les taulards et les jeunes des cités sont loin d'avoir inventé le procédé d'inversion lui-même, qui existait en français depuis des siècles. En effet, cette jonglerie verbale a toujours amusé les Français. Au XVIe siècle, un "sans-souci" était en fait un "sans six sous", c'est à dire un pauvre diable.

    Ainsi, ce jeu de langage plaît d'autant plus qu'il arrive que l'inversion produise une rencontre bizarre avec un mot déjà existant, qui n'a aucun rapport de sens : "zombie" fait bison (ou inversement !), ce qui crée une absurdité réjouissante. "tomber" donne béton, phonétiquement la même chose que le "béton"; d'où le succès dès 1975 de la formule "laisse béton ". L'idée cocasse de "laisser le béton" (ciment) ajoute un arrière plan étrange à l'expression, surtout peut-être dans les cités oppressantes, bâties de béton brut !

  Voici d'autres termes verlan, passés dans un langage plus général :

- Arabe donne beura, c'est à dire beur;
- Flic devient keufli, et donc keuf;
- Femme donne meuf;
- pourri, ripoux;

 

 

Voltaire et le verlan

        L'un des plus beaux fleurons historiques du verlan nous est donné par l'usage qu'en faisait Voltaire. Eh oui ! l'illustre écrivain du XVIe siècle, chéri obligé des professeurs, pratiquait le verlan avec brio, parmi d'autres acrobaties langagières. Il s'en servait surtout pour les sobriquets; par exemple il appelait Diderot, "Platon", par flatterie, mais voulant parler de l'encyclopédiste dans ses lettres sans qu'on pût l'identifier, il le nomma brusquement "monsieur Tompla", ce qui est du verlan pur et dur !

         Au reste, et cela, beaucoup de gens l'ignorent, le nom lui-même "Voltaire" que l'écrivain avait choisi pour pseudonyme, provient d'une construction en verlan. C'est le verlan de la petite ville d'Airvault, dans les Deux Sèvres, région dont il était originaire. Airvault a fourni Vault-air, que l'homme de lettres fignola en Voltaire !

 (merci à http://thaloe.free.fr)

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Le verlan est une forme d'argot français qui consiste en l'inversion des syllabes d'un mot, parfois accompagnée d'« élision », un type d'apocope. C'est en inversant les syllabes de la locution adverbiale à l'envers que le terme de verlan a été créé. Aussi parle-t-on de formes verlanisées pour caractériser les vocables issus du verlan.

 

Parlé à l'origine dans les banlieues françaises, boudé de la fin des années 1930 à celle des années 1970, le verlan est aujourd'hui employé en France et popularisé par certains chanteurs, comme Renaud dans Laisse béton, 1978 mais surtout par les nombreux groupes de rap français, comme NTM ou Assassin, mais aussi quelques cinéastes (Claude Zidi, Les Ripoux, 1984). Jacques Dutronc avait utilisé du verlan en 1971 : J'avais la vellecère qui zéfait des gueuvas (J'avais la cervelle qui faisait des vagues). À l'époque, la chanson passa inaperçue.

Au cours des années 1970 et 1980, le verlan est couramment parlé dans les banlieues. Il a été constitutif d'une identité des habitants de ces banlieues. Après les blousons noirs (vêtement porté les rockers et ancien synonyme de voyou) qui semblent avoir colporté ce langage des temps anciens, la nouvelle génération des jeunes de banlieues, se sont approprié celui-ci, en l'intégrant à leur culture.

Le début des années 1990, marqué par l'émergence du mouvement hip-hop, représente le début d'une réintroduction massive du verlan dans le langage parlé en France et surtout au sein des nouvelles générations. L'essor du rap a fortement contribué à la dissémination du verlan dans la population française.

Le verlan a permis aux amateurs de rap et aux rappeurs à la fois de se démarquer par leur différence culturelle et sociale et d'apporter une nouvelle identité plus marginale et souvent plaisante à l'âge adolescent. Les textes rappés sont parfois des laboratoires du verlan : ils sont basés davantage sur le rythme et le ton que sur les harmonies, les allitérations sont omniprésentes, ce qui pousse les rappeurs à inventer au besoin des mots ou de populariser des mots en verlan encore peu connus.

Des groupes comme NTM, Sages Poètes de la Rue ou encore le Ministère AMER, précurseurs de la scène rap française, sont les principaux acteurs du retour du verlan dans le pays. Leurs contributions ont porté autant sur les néologismes verlanisés que sur le rétablissement d'anciens termes déjà utilisés.

En 2004, un certain verlan (essentiellement constitué d'un vocabulaire) a fini par être plus ou moins compris et utilisé par toutes les couches de la société, ce qui en fait un langage en cours de démocratisation loin de son image plutôt marginale initiale. Toutefois, il existe quelques poches géographiques dans lesquelles un verlan très "pur"/"dur" est utilisé quotidiennement. Un tel langage associé à un accent particulier est assurément incompréhensible au non initié et rempli ainsi la fonction première d'un argot : ne pas être compris des non initiés.

Le développement des nouveaux moyens de communication, le SMS en tête, a rendu pratique le verlan, notamment en raison du caractère raccourci des formes verlanisées bien plus rapides à taper sur des claviers que leurs équivalents dans la langue française officielle. Cela a conduit des représentants de couches sociales moyennes et élevées, grands consommateurs de ces nouveaux outils personnels de communication, à utiliser le verlan et à le comprendre.

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La formation d'un mot en verlan se décompose en quatre opérations :

  • Changement éventuel de la dernière voyelle
  • Découpage du mot.
  • Inversion.
  • Troncature ou élision de la dernière syllabe du néologisme formé.

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Le verlan demeure essentiellement une langue orale qui respecte assez peu l'orthographe des mots modifiés.

Souvent le verlan abstrait la conversation de certaines règles gramaticales comme la suppression de conjugaison. Par exemple,tèj = "jeter" : je les ai tèj = "Je les ai jetées", mais "je les ai téjeu" est aussi rencontré.


Le plus souvent, l'écriture d'un mot en verlan est une reconstruction graphique de sa prononciation phonétique .
Exemples :

 

  • laisse béton = "laisse tomber"
  • relou = "lourd" (noter l'adjonction de la voyelle e)
  • zarbi = "bizarre"
  • zyva = "vas-y"
  • téma = "mate" ("regarde"), noter l'adjonction d'un accent aigu pour éviter le "teuma" difficile à prononcer


Lorsqu'il faut introduire en début de mot une syllabe qui, dans le mot verlanisé, se réduit à une consonne finale, on ajoute généralement la voyelle eu et l'on perd la voyelle d'origine. Exemples :

 

  • feuj (feu-jui) = "juif" (jui-feu)
  • keuf (keu-fli) = "flic" (fli-keu)
  • keum ou "keumé" (keu-mé) = "mec" (mê-keu)
  • keuss ou "keussê" = "sec" (pour "maigre") (attention "keuss" signifiait aussi "sac" pour dix sacs, soit cent francs)
  • greum (greu-mé) = "maigre" (mê-greu) Actuellement dérivé en greums
  • teuf (teu-fê) = "fête" (fê-teu)

 

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