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La siréne et le lapin.2.

- Mon gentil lapin, comme tu le vois, je suis bien malade. Je vais mourir, si tu ne m’aides pas. Je suis désolée de te demander un tel service mais je n’ai personne d’autre que toi et ma mort est tellement proche que je la sens venir. Elle est déjà dans mes os, dans mon cœur. Mon âme s’échappe de mon corps et je ne puis rien y faire. Rien ne t’oblige à m’aider mais je t’en serai éternellement reconnaissante.
- Madame, je suis prêt à vous servir, si vous me dites ce que je dois faire. Je ne suis qu’un petit lapin un peu malingre et très fatigué. Si, malgré mes faiblesses, je peux vous aider à vivre, je suis décidé à faire tout ce qui est en mon pouvoir.
- Mon lapin, va vite dans la forêt et cherche une plante dont les feuilles vertes ont une bordure rouge avec des reflets bleutés, dorés et argentés. Tu ne peux pas te tromper, il n’y a qu’une plante qui ressemble à cette description. Quand tu l’auras trouvée, apporte-la moi et je te dirai comment préparer la potion pour me guérir. Va et reviens vite car je n’ai plus beaucoup de force et la mort va bientôt m’emporter.

Le lapin courut dans la forêt et chercha la plante miraculeuse. C’était une plante très rare mais comme elle poussait au ras du sol et que le lapin était tout petit et courait très vite, il n’eut aucune difficulté à la trouver. Il l’apporta à la vieille dame qui lui donna la recette magique pour faire la potion. Il eut beaucoup de mal à réussir la préparation car il n’était qu’un lapin pas très habile de ses quatre pattes, mais il finit par obtenir une potion dont l’aspect et l’odeur révélaient clairement le puissant pouvoir magique. La vieille dame but la potion bouillonnante et, quelques minutes plus tard, elle se transforma en une belle et majestueuse dame.

- Mon lapin, je suis contente de toi. Tu es un bien charmant lapin. Vois-tu, je suis une sorcière. Oh ! Ne t’inquiète pas, je ne suis pas une méchante sorcière. Je suis une gentille sorcière mais je suis très vieille et j’ai besoin de boire souvent de la potion que tu m’as préparée pour retrouver ma jeunesse et ma beauté. Je dois t’avouer que je n’ai pas été prudente et j’ai oublié de préparer cette potion à l’avance. Je me suis donc retrouvée tout à coup trop faible pour me lever et aller chercher la plante magique. C’est ainsi que tu m’as rencontrée toute flétrie et prête à mourir. Je te dois la vie et, pour le service que tu m’as rendu, je veux te prouver ma reconnaissance. Que veux-tu ? Que souhaites-tu ?
- Madame la gentille sorcière, je ne veux rien. Je n’ai pas fait cela pour être récompensé. Je dois sauver une sirène qui se meurt d’amour pour un homme et je vais chercher sur la haute montagne la fleur qui le rendra amoureux. Je ne veux rien d’autre que trouver cette fleur et revenir avant que la sirène ne se soit éteinte pour toujours.
- Mon lapin, je n’ai pas le pouvoir de te donner cette légendaire fleur que je n’ai jamais vue. Mais je peux faire quelque chose pour toi. Je vais te transformer en un bel étalon bondissant. Ainsi, avec de grandes jambes et de puissants muscles, tu parviendras plus vite au pied de la haute montagne. Sors de cette hutte, mon brave lapin, et tu deviendras un beau cheval noir.

Le lapin sortit de la hutte et fut transformé instantanément en un magnifique cheval bondissant, piaffant et hennissant. Sa belle robe noire brillait sous les rayons du soleil. Le petit lapin chétif, devenu un puissant cheval de race, se sentit tout bizarre. Il voyait maintenant les choses de très haut. Il partit en galopant et il fut heureux de constater qu’il maîtrisait parfaitement tous ses puissants muscles. Il se sentait tellement fort qu’il pensait que désormais il n’aurait plus jamais peur ni des chasseurs ni des prédateurs. Et il prit rapidement la direction de la haute montagne.

Il courait, il courait le cheval. Il ne fit aucune halte pendant des jours et des jours. Il était épuisé lorsqu’il atteignit enfin la montagne. Il s’arrêta un bref instant pour boire un peu d’eau fraîche à la source qui coulait des pentes rocheuses et il en profita pour se reposer un peu avant d’entamer l’ascension de la montagne. Elle s’élevait très haut vers le ciel et il ne pouvait même pas en voir la cime car elle était perdue dans les nuages. Lorsque le cheval se sentit bien reposé, il commença à gravir les flancs abrupts et dangereux. Mais après plusieurs heures d’escalade, il n’avait que très peu progressé et il se rendit compte qu’il ne pouvait pas monter plus haut. La pente était trop forte et, même pour un puissant cheval, l’ascension était devenue impossible. Il redescendit les quelques mètres qu’il avait difficilement gravis et commença à faire le tour de la montagne en espérant trouver un sentier qui le conduirait vers le sommet.

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