5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 13:41

Les deux chacals

Il y a fort longtemps, vivaient dans l'immensité du désert deux chacals qui s'aimaient d'une amitié sincère, un peu comme s'aiment deux frères. Ils s'entraidaient et chacun pouvait compter sur l'autre en cas de coup dur. Ils partageaient les mêmes peines mais aussi les mêmes joies. Ils ne frayaient avec aucun autre animal préférant passer tout leur temps ensemble. Ensemble, ils recherchaient leur nourriture. Ensemble ils buvaient et mangeaient. Ensemble ils se rafraîchissaient à l'ombre des mêmes rares arbres du désert lorsque le soleil les tourmentait de ses ardents rayons ,trop ardents.

Or un jour, alors qu'ils étaient à la recherche de nourriture, l'un à côté de l'autre, sur un terrain aride et brûlé de soleil, ils virent surgissant devant eux un lion affamé qui était lui aussi à la recherche d'une proie. Plutôt que de fuir, les deux amis s'immobilisèrent et firent face à l'ennemi avec opiniâtreté. Le lion fort surpris ne put s'empêcher de leur demander :
- Eh bien, pourriez-vous m'expliquer par quel prodige vous ne vous êtes pas enfui à mon approche ? Etes-vous inconscients ? Ne voyez-vous pas que je suis affamé et à la recherche de nourriture ?
L'un des deux chacals prit la parole et dit :
- Pour sûr, ô seigneur ! Nous sommes fort conscients de cet état de fait. Nous avons vu que tu étais en chasse et que tu allais te jeter sur nous et nous dévorer. Nous avons cependant décidé de ne pas fuir. Quoi que nous fassions, aussi vite que nous puissions courir, tu nous rattraperais. Nous avons donc décidé de ne pas fuir. Nous préférons que tu ne sois pas épuisé au moment où tu décideras de nous dévorer. Nous préférons mourir rapidement et non souffrir par une mort lente.

Le lion qui avait écouté avec attention les paroles du chacal lui dit :
- Le roi des animaux n'est pas en colère d'entendre des paroles sincères. Il sait reconnaître le courage et l'audace de ses sujets. Il se doit d'être grand et généreux envers ses sujets sans défense.

Sur ce, le roi du désert disparut et depuis ce jour, il accorda la paix aux deux chacals

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 23:33

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Trois singes dans un arbre discutaient
Et de beaucoup de choses s'entretenaient.
Il semble dit l'un d'eux, qu'il court une rumeur
Qui me met moi, de très mauvaise humeur.
On prétendrait et cette injure m'agace,
Que l'homme descendrait de notre belle race.

Mais jamais singe ne laisse femme et enfants
Mourir de faim dans le dénuement.
Jamais non plus la dernière des guenons
Ne laisse ses enfants dans l'abandon.
Elle ne les enverrait pas de foyer en foyer
Jusqu'à ce qu'ils ne sachent qui les a procréés.

Jamais non plus on n'a vu ni singe ni guenon
Entrer tard le soir saoul comme des cochons,
Ou faire passer les autres de vie à trépas,
Avec bâton, couteau, fusil ou je ne sais quoi.
Que l'homme soit descendu, c'est un fait.
Mais que ce soit de nous, alors jamais !

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 11:37

Sullivan 

the Irish Whisperer  (chuchoteur)

 

 

Un chuchoteur est un dresseur de chevaux qui utilise des méthodes qui sont basées sur la compréhension de la nature, des besoins et des envies du cheval.

Le terme a été inventé au XIXe siècle par Daniel Sullivan « the Irish Whisperer » , irlandais qui a travaillé sur la guérison de chevaux rendus rétifs suite à des accidents ou mauvais traitements.

Si ces méthodes paraissent nouvelles, la raison est davantage à trouver dans l'oubli dont est frappé l'histoire équestre qu'en raison de la nouveauté des pratiques préconisées. Pour s'en convaincre, il suffit de relire le traité de Xénophon sur l'équitation où il préconise déjà de traiter son cheval avec douceur et justice. En fait, chaque époque possède ses maîtres qui, tous, ont tenté d'éduquer les cavaliers en préconisant le respect de l'animal.

Les chuchoteurs (horse whisperers) ont élaboré des méthodes qui se caractérisent par une approche sans violence ni contrainte excessive prenant en compte la nature même du cheval. En effet, l'homme cherche à se mettre dans la peau d'un cheval et l'aborde comme le ferait un cheval au naturel en prenant une position de leader, à qui le cheval fait confiance et obéit. Ces pratiques, d'abord empiriques, ont pu progresser grâce aux recherches en éthologie équine et sur leurs comportements naturels. Nicholas Evans, dans son livre The Horse Whisperer paru en 1995, a rendu populaire cette dénomination.

À noter qu'en France, les chuchoteurs ont été rendus célèbres grâce au film L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux.

 
Coté anecdote.................................
Le premier homme a avoir porté le nom de chuchoteur était un Irlandais nommé Sullivan et cela remonte à la fin du 18e siècle!
Sullivan était un alcoolique, illettré, qui "redressait" avec grands succès, tous les chevaux vicieux, de la région.
Mais il na jamais livré son secret!
La légende dit quil avait côtoyé des Indiens pendant la guerre de lindépendance Américaine, et que les Indiens lui avait donné le secret!
Sullivan, entrait, seul, dans le box du cheval à "redresser" et, aucun bruit, aucune parole, ne filtrait du box... Doù le nom de chuchoteur!

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 11:28

 

La légende de Jack'o lantern


La légende irlandaise a donné son origine à la citrouille d'Halloween

le "Jack'o lantern".


La légende raconte que Jack était un vieil homme ivrogne, radin et méchant. Un jour qu'il buvait au pub, le diable lui apparu pour lui acheter son âme. Rusé, Jack parvint à le convaincre de boire avec lui et lorsque qu'il fut temps de payer, le diable se changea en pièce.

Jack prit la pièce de six pence. Il la mit dans sa bourse qui dit-on avait une serrure en forme de croix, empêchant ainsi le diable de partir.

Le diable finit par convaincre Jack de le libérer contre la promesse qu'il le laisserait tranquille et qu'il ne le prendrait jamais en enfer.

Le jour où Jack mourut il se rendit au Paradis d'où il fut chassé à cause de sa méchanceté. Ne sachant où aller il se rendit en Enfer où le diable fut bien content de lui rappeler sa promesse. En désespoir de cause, Jack négocia avec le diable pour qu'il lui donne une braise pour y voir clair dans la nuit éternelle. Jack plaça sa braise dans un navet creusé et depuis il erre éternellement sa lanterne à la main. Avec le temps le navet fut remplacé par la citrouille.

La fête d'Halloween et de la Toussaint trouvent une partie de leurs origines dans la fête de la Samain. Cette fête ancêtre d'Halloween se situait hors du temps puisqu'elle n'appartenait ni à l'ancienne ni à la nouvelle année. Selon la tradition cette nuit appartenait aux défunts qui se déguisaient en monstre et venaient visiter les vivants. On trouve dans cette fête l'origine des déguisements d'Halloween !

La fête de la Samain remonte à plus de 2500 ans. La fête de la Samain s'appelle aussi Saman, Samhna, Samhain ou Samonios.

La fête de la Samain se déroulait sur 3 jours, mais les réjouissances pouvaient se poursuivre sur 15 jours :

  • Jour 1 : le premier jour était consacré à la mémoire des grands hommes disparus.
  • Jour 2 : Cette journée était la fête de tous les morts.
  • Jour 3 : La dernière journée était celle des réjouissances et de la fête.

Au XI siècle la Samain comme la majorité des fêtes païennes furent interdites. L'église instaura la fête de tous les saints ( Toussaint ) dont la date correspond au premier jour de la Samain, et la fête des défunts qui correspond au deuxième jour de la Samain.

La Samain est une fête celte et donc gauloise (puisque les Gaulois étaient l'un des peuples celtes) qui correspond à la nuit du 31 octobre au premier novembre de notre calendrier julien . Ce jour marquait la fin de l'été et le début de la saison sombre. La samain marquait le commencement de la nouvelle année, sa célébration était obligatoire. Cette fête durait de 3 à 15 jours.

La Samain était le jour où le Dieu de la mort informait les morts de l'année de leur nouvelle destination ou "réincarnation". La fête avait donc une dimension culturelle et religieuse.

Si la majorité des historiens s'accordent à dire que la Samain est l'ancêtre d'Halloween, certains estiment que la fête d'Halloween pratiquée aujourd'hui ne ressemble en rien à la fête de la Samain celte que ce soit dans sa forme ou dans sa symbolique.

Pour ces historiens la Toussaint est le réel prolongement de la Samain et non Halloween.

Ce qui est certain, c'est que les croyances et les pratiques celtes sont à la source de ces deux fêtes, mais on ne peut pas affirmer avec certitude que l'une ou l'autre en soit le prolongement moderne. Les traditions et les croyances voyagent dans le temps et dans les civilisations, elles se modifient, se transforment, évoluent et ne sont plus tout à fait les mêmes.

Les Celtes fêtaient 4 grandes fêtes correspondant chacune aux 4 saisons :

  • IMBOLC fêtait le Printemps et avait lieu début Février
  • BELTANE fêtait l'Été et avait lieu début Mai
  • LUGNASAD fêtait l'Automne et avait lieu début Août
  • SAMAIN fêtait l'Hiver et avait lieu début Novembre

 

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 22:47

Ram avait quitté la Gaule sous l'enseigne du Bélier (Aries) pour se diriger, du côté de l'Orient, de l'Inde, afin d'empêcher les Celtes d'en venir aux mains, de se livrer à une guerre fratricide ; il avait déjà traversé la Scythie et d'autres pays, quand ses compatriotes, à la tête desquels il se trouvait, furent frappés d'une maladie cruelle, dans laquelle il crut voir un juste châtiment de la Divinité envers les hommes de sa race, qu'il avait à grand peine dissuadés de combattre leurs frères.
Cette maladie, sorte de lèpre, couvrait le corps tout entier de plaques noires et pustuleuses, qui provoquaient l'enflure des membres, ensuite le corps se couvrait d'ulcères qui déterminaient la mort, de sorte que les Celtes mouraient en grand nombre, par milliers, nous dit la tradition.

La grande Prêtresse, la Voluspa, consultée, ordonna, mais en vain, des sacrifices expiatoires, la mortalité ne cessa pas pour cela.

Ram avait l'habitude de méditer sous un chêne ; un jour, après une très longue méditation sur les malheurs qui frappaient sa race, il s'endormit. Pendant son sommeil, il entendit une voix qui l'appelait par son nom, il regarda et vit devant lui, dans son sommeil, un homme d'une haute stature, à l'aspect majestueux, revêtu d'une robe blanche qui portait une baguette sur laquelle s'entrelaçaient deux serpents et cet homme lui dit : "Ram, le remède que tu cherches, il est là, au-dessus de toi" ; puis, tirant de son sein une faucille d'or, le personnage coupa sur le chêne un gui et le remit à Ram, avec de grandes marques de vénération ; il lui donna en même temps une recette pour composer un élixir, puis il disparut.

Ram s'éveilla tout à coup, fortement ému de ce rêve qu'il sentait prophétique ; il se prosterna au pied du chêne sous lequel il se trouvait, y aperçut un gui, le cueillit avec respect et l'emporta sous sa tente enveloppé dans la toile qui lui servait de ceinture (tayola), puis il se mit à prier et commença les opérations qu'il avait recueillies dans la bouche du Druide du Plan astral.

Ayant obtenu la précieuse liqueur, il en expérimenta les effets sur un malade condamné. A peine celui-ci eut-il absorbé quelques gouttes de la liqueur, qu'il revint à la vie, comme par miracle, et tous les malades ultérieurement traités furent guéris de même. Aussi, de toute part, on accourut vers Ram. Le Collège sacerdotal fut assemblé, et l'Archidruide ayant appris du chef celte de quelle manière il avait découvert le remède admirable qui assurait le salut à tous, il fut décidé que le gui deviendrait une plante sacrée et que la préparation de l'Elixir serait transmise oralement de l'Archidruide aux deux plus anciens Druides.

 

 

 

 

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 23:42

L’histoire de la fée Mélusine



L'origine de Mélusine est royale. En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père Elinas, le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage, de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait. Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit. Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, Mélusine, Mélior, et Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon).

 



Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées, décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne magique de Northumberland. Cela parut trop sévère à Présine qui jeta un sort sur ses filles.

Elle dit à Mélusine : " Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie. Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan. Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier aucours de laquelle il a tué par accident son oncle Aimeri, comte de Poitiers tombe amoureux de Mélusine et la demande en mariage.

Grâce à ses pouvoirs, Mélusine réussit à faire innocenter Raymondin. La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi. En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse et longue descendance.

Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan. Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses (Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine, surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort, et même la ville de Lusignan.

Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer qui gardait le chambre de sa femme. Et voici ce qu'il vit:

"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue d'une serpente, grosse comme une quaque à hareng, et moult longuement débattait sa queue en l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre"

Mélusine trahie s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit sous forme humaine. Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours, à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître, et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.

 

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 23:40

En ce temps-là, Sochaux était un petit groupe de maisons au bord de la plaine de l'Allan creusée de sablières. Des cabanes de pêcheurs étaient construites sur des monticules de terre et parmi celles-ci la cabane de la vieille « Genache ».


Elle vivait principalement de la pêche aux grenouilles, surtout au printemps. Elle en prenait de grandes quantités qu'elle allait vendre au marché. Les méchantes langues disaient que ce pouvaient aussi bien être des cuisses de crapauds car elle vendait aussi des crapauds vivants aux gens qui voulaient se débarrasser des limaces de leur jardin. Les pêcheurs jaloux disaient qu'elle les caressait car le crapaud passait pour la bête du démon.

  Il faut dire qu'elle était aidée par un « fouletot » (farfadet) qu'elle avait découvert à la mort de son mari alors qu'elle se lamentait sur le sort de misère qui l'attendait.

Comme son mari était pêcheur et qu'elle l'aidait parfois, elle décida de continuer dans ce métier. Et chaque matin, le fouletot était là qui poussait les poissons dans son filet.

  Pour la pêche aux grenouilles, ils y allaient la nuit. Les yeux du fouletot étaient si brillants que les grenouilles, attirées par la lueur, sautaient dans le panier de la vieille. En toute saison elle avait donc de quoi vendre au marché.

  On chuchota qu'elle était une genache : une sorcière, et un pêcheur qui la côtoyait au marché fit courir le bruit que ses poissons étaient empoisonnés à la bave de crapaud. On la convoqua devant le seigneur mais les habitants de Sochaux vinrent la soutenir : le fouletot avait secrètement agi en ce sens.

Mais le pêcheur, jaloux, continua sa calomnie, alors le fouletot décida d 'agir pour le calmer. Il alla remplir à ras bord le filet du méchant qui se trouva accusé à son tour de sorcellerie.

  Il fut obligé d'avouer que c'était lui qui avait été le principal accusateur de la vieille dame. Sa punition fut simple : il redevint le pêcheur malheureux d'autrefois car le fouletot avait délaissé ses filets...

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 23:54

Le sultan Yaya possédait une gazelle merveilleusement apprivoisée ; ses yeux profonds semblaient exprimer des pensées humaines et on s’attendait à chaque instant au miracle de la parole.
C’était cependant une gazelle très commune, née dans la solitude des hauts plateaux du Yémen. Un pâtre l’avait trouvée toute petite auprès de sa mère blessée et il l’avait donnée à une chèvre à la place du chevreau qu’on avait fait rôtir. Elle s’ébattait maintenant dans les jardins du sultan, se mirait avec grâce dans l’eau tranquille des bassins. À l’appel de son maître elle accourait en bonds harmonieux portée semblait-il par d’invisibles ailes.
Yaya l’avait toujours auprès de lui, couchée à ses pieds, quand il rendait la justice, et bien des fois il fut plus clément pour la détresse humaine quand le regard limpide et doux de ces grands yeux se levait sur lui.
Elle mangeait dans sa main et venait l’éveiller s’il tardait trop, lorsque résonnait l’appel de la prière. Elle le suivait en tous lieux, et prenait part à sa vie comme si réellement elle avait appartenu au monde des hommes.
En cela elle ne différait pas des autres gazelles, ses sœurs, car toutes se font aimer par la même grâce délicate. L’énigme de leurs yeux profonds trouble un peu l’homme inquiet devant le mystère, aussi imagine-t-il tout ce qui plaît à son cœur et met-il en ses pauvres bêtes si simples une âme pareille à la sienne.
Un soir, assez tard dans la nuit, Osman, en quittant le sultan, aperçut la gazelle au milieu du parc, broutant au clair de lune. Le lieu était désert. Une idée inattendue, brusque et précise comme la lueur d’un éclair quand elle fait surgir de la nuit les plaines et les montagnes, lui traversa l’esprit ; cette bête, vraiment, tenait-elle au cœur de son ami autant que lui-même ?

La parole de son père lui revint en mémoire : "Ne sois jamais le familier d’un sultan, car son amitié est vaine..."
II caressait doucement la gazelle, tandis que ces pensées mélancoliques montaient du fond de son cœur... Brusquement, cédant à une impulsion, d’un geste peut-être involontaire, il la saisit, l’enveloppa dans son manteau et s’enfuit. 

Il sortit des jardins sans être vu. Arrivé chez lui il enferma la bête dans une chambre retirée de sa maison où personne ne pouvait soupçonner sa présence. Cela fait, il alla se coucher et médita jusqu’au matin.
Ce jour-là était jour de marché ; il fit acheter pour six piastres (3 francs) une jeune gazelle toute semblable à celle qu’il avait emportée la nuit dernière.
Il la fit dépecer par ses serviteurs et donna l’ordre d’en préparer la viande pour le repas du midi.
— Je vais te confier un grand secret, dit-il à sa femme, un secret que tu dois garder jusque dans la tombe si tu tiens à mon honneur et à ma vie. Puis-je me fier à toi ?
— Ô mon ami, si les femmes dit-on, sont bavardes, elles savent dire uniquement ce qu’elles veulent et ton secret sera enseveli en moi comme le plus précieux trésor de l’avare.
— Eh bien, écoute, ô Haléma. Hier, sans le vouloir, j’ai blessé la gazelle du sultan, mon maître. Pour éviter son courroux, je l’ai achevée et ce matin nous la mangerons..."
Le soleil n’était pas encore au milieu de sa course que déjà les hérauts4 parcouraient la ville promettant une fortune à qui retrouverait la gazelle du sultan.
Des amis vinrent voir la femme d’Osman et parlèrent de la passionnante affaire. Les suppositions les plus extravagantes couraient de bouche en bouche, tous prétendaient savoir. Haléma les écoutait avec un sourire intérieur car elle seule savait la vérité. Quel orgueil de détenir le mot d’une si prodigieuse énigme ! mais quelle amertume de passer pour une ignorante !...
— Vous qui vivez si retirée, lui disait-on, vous ne pouvez pas savoir... etc.
— Non, ma chère, taisez-vous, lui répondait-on, quand elle voulait parler, je suis bien informée, croyez-moi, etc."
C’était intolérable, au-dessus de ses forces de faible femme... elle n’y résista pas tant la joie, la volupté d’étonner, lui ôtait tout discernement.
Elle conta la chose en grand mystère et avec force serment à sa meilleure amie... et une heure après le sultan était informé.
Le gouverneur du palais arriva au moment où les deux époux achevaient de manger la gazelle.
Osman fut amené, entouré de soldats en armes, et jeté brutalement dans le cachot des condamnés à mort.
Questionné, il avoua sur-le-champ, disant qu’il avait tué la gazelle par accident. Il offrit au sultan de la remplacer ; une autre sans doute s’apprivoiserait aussi bien.
Mais le sultan refusa de l’entendre, tant un pareil crime était monstrueux.
II fit saisir tous les biens de son ancien ami et beaucoup pensèrent que la disparition de cette gazelle était un prétexte pour remplir les coffres du souverain. Il ordonna ensuite qu’il eût la tête tranchée, ce qui mettait fin à toutes les revendications ultérieures.
Osman restait insensible à une sentence aussi cruelle et ses amis le virent avec admiration marcher au supplice sans le moindre trouble. Il était souriant et calme comme un juste que rien ne peut émouvoir.
Le sultan voulut assister à la punition du coupable. Il était assis entouré de ses courtisans, – les anciens amis d’Osman qui maintenant étaient les plus acharnés contre lui. – Ils lui disaient :
— Voyez, sire, quel cynisme, quelle dureté de cœur, pas le moindre remords, il semble joyeux d’avoir offensé Votre Majesté, son bienfaiteur et son ami et sa perversité est si grande que la mort même lui est indifférente. Que Votre Majesté ne lui fait-elle pas crever les yeux et couper les mains pour l’envoyer mourir abandonné dans le désert."
Cependant, à la vue de cet homme qui allait mourir, le souvenir de l’ami d’autrefois éveilla en son cœur un peu de pitié. Il se revit, assis à ses côtés, lisant les strophes d’Omar Kayan, devant la mer éternelle, au moment où le messager lui apporta la terrible nouvelle de son avènement ; elle lui parut alors passer sur son destin, comme l’ombre d’un corbeau en travers de sa route...
II allait faire le geste généreux du pardon quand son intendant, cet ancien esclave qu’Osman avait sauvé et qui lui devait tout, jeta aux pieds du souverain la tête à demi carbonisée d’une gazelle qu’il avait découverte derrière la maison de son bienfaiteur.
À cette vue, la fureur étouffa la pitié naissante et le sultan donna l’ordre fatal.
— Merci, Ali, dit Osman à l’ancien esclave qui venait de réveiller contre lui la colère du souverain, merci, tu me rends aujourd’hui la mort que j’ai écartée de toi naguère. Mais tu viens de tromper ton maître en voulant le flatter : cette tête n’est pas celle de la bête bien-aimée qu’il pleure aujourd’hui sans que ma mort ignominieuse puisse le consoler.
"Prends cette clé et qu’il plaise au sultan notre seigneur d’envoyer sur-le-champ deux gardes dans ma maison. Dans la chambre du second étage, derrière l’appartement des femmes, il y a là la vraie gazelle ; pas un poil n’y manque. Je te demande en grâce, et ceci est ma dernière volonté, d’avoir la tête tranchée en m’agenouillant sur elle.
Le bourreau déjà était prêt. Du doigt il vérifiait le tranchant de son sabre et Osman, toujours calme, demeurait agenouillé.
L’Imam voulut attendre le retour de l’envoyé, soit pour confondre l’imposteur, si la tête qu’il avait montrée n’était pas celle de la vraie gazelle ou bien pour accabler Osman de son nouveau mensonge.
Il n’attendit pas longtemps. Rapide comme la foudre, la gazelle, aussitôt libérée, bondit à travers la foule et sauta sur son maître en le couvrant de caresses.
Le sultan, d’abord muet de stupeur, crut à un miracle. Transporté de joie il s’élança vers Osman, l’embrassa, et le pressa sur son cœur avant même que le bourreau ait délié ses mains.
Le jour même Osman voulut quitter la ville. En vain le sultan le supplia de pardonner son injuste fureur, de rester près de lui, et d’accepter des présents magnifiques en compensation de tout le mal qu’il lui avait fait.
— Non, je te remercie. Aucun présent ne peut payer une amitié fidèle. Permets-moi de me retirer dans ma palmeraie de Kauka où nous avons connu le dernier baiser de l’amitié sincère. J’ai imaginé cette histoire pour savoir si dans ton cœur je comptais plus qu’une gazelle de 6 piastres... Si tu veux faire quelque chose pour moi, pardonne à ce malheureux esclave qui a menti pour m’accuser. Il a fait comme tant d’autres pour qui la vie d’un homme compte bien peu quand elle doit servir à flatter le souverain. Tous les courtisans qui t’entourent sont ainsi et je voudrais que cet exemple te mette en garde contre le poison de leur flatterie pour qu’il ne corrompe pas à jamais le cœur généreux que Dieu t’a donné.
"Je veux aller vivre loin des hommes et des villes, au milieu de mes esclaves et de mes troupeaux, dans la nature généreuse, indifférente et sans haine.
"Puissé-je, un jour, mourir comme mon père dans le calme d’un beau soir, sans interrompre le chant d’une jeune esclave."

 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:01

Conte du canton de Maringues, en Limagne


Dans son grand château tout noir, perché sur un sommet, vivait jadis la comtesse Brayère, avec des domestiques et des gardes. La dame adorait les enfants,... à la broche, au four, en fricassée. Oui, c’était une ogresse. Elle en mangeait tous les jours, si bien que ses soldats n’arrivaient plus à fournir le cuisinier.
Des enfants, on n’en trouvait plus guère dans la contrée, déjà dévorés, ou enfuis avec leur famille. La comtesse se désolait, elle avait toujours faim. Le cuisinier était marié.
Il possédait un fils, un tout-petit, que sa femme cachait avec soin. Hélas, un jour, l’enfant s’échappa, déboula dans le corridor, juste au moment où la comtesse passait. La dame s’exclama, les domestiques attrapèrent l’enfant, qu’ils conduisirent aux cuisines.
- Fils ou pas, déclara la comtesse, je le mangerai ce soir même. Préparez-le à votre guise.
Le cuisinier était blanc comme neige, sa femme pleurait... La dame s’en alla, et l’heure vint où il fallut s’occuper de son repas. Cuisinier ou pas, un père est un père. Et le père ne put se résoudre à tuer son enfant. À la place, il fit cuire un morceau de veau, si bien préparé, si bien farci, agrémenté d’une sauce si fine, que la comtesse se régala comme jamais.
À la fin du repas, cependant, comme la noble dame félicitait son cuisinier, celui-ci ne put se retenir, il tomba à genoux, avoua sa faute.
D’abord interdite, la dame éclata de rire, peut-être pour cacher une gêne qu’elle éprouvait pour la première fois.
Toujours est-il, d’après ce qu’on dit, qu’elle cessa de manger les enfants, à compter de ce jour, et se dévoua aux pauvres et aux déshérités.

Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien.
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 11:34

ALSACE

LE VALET CHANGÉ EN ANE

Près de Saverne une veuve possédait un grand moulin.Elle avait une fille unique,jeune et belle.Le valet du moulin, un jeune homme alerte, fort et gai , l'aimait et il pensait bien l'épouser un jour.
Il s'aperçut que plus d'une fois la mère et la fille partaient au début de la nuit et ne revenaient qu'à l'aurore.Tourmenté par la jalousie ,il résolut de les surveiller.Un soir il se cacha sous le lit de la meunière et attendit .Celle-ci se coucha d'abord , puis , au bout d'un certain temps , elle se leva , alla à l'armoire et prit un petit pot.La jeune fille vint également;les deux femmes se frottèrent de pommade , murmurèrent quelques paroles , et aussitôt elles disparurent dans la cuisine et il n'entendit plus rien.
A son tour il sortit de sa cachette , prit le pot , se frotta également et murmura les mêmes paroles. Soudain,il se sentit poussé irrésistiblement vers la cuisine, vers la cheminée et soulevé du sol. Il ne savait pas ce qui lui arrivait,ni ce qu'il devait faire,il passa par la cheminée et vola à travers l'air à une vitesse vertigineuse, si bien qu'il crût en perdre les sens.
Puis il sentit de nouveau la terre sous ses pieds. Mais, quand il regarda autour de lui,il se trouvait sur le Bastberg au milieu des sorcières qui accoururent vers lui,le saisirent et voulurent le mettre à mort. A son grand effroi il reconnut parmi elles la veuve et sa fille. Cette dernière intervint auprès des autres en sa faveur, de sorte qu'elles lui laissèrent la vie, mais le changèrent en âne. La jeune fille, qui aimait le jeune homme, eut tout juste le temps de lui souffler:
-Tu seras délivré quand tu boiras de l'eau bénite.
Le matin , l'âne voulut courir vers une église, mais il fut pris par un paysan qui ne le lâcha plus, qui le fit travailler durement et l'attacha serré.Il devait porter les fardeaux les plus lourds, il eut peu à manger mais par contre beaucoup de coups.
Au bout d'une année seulement, par une belle après-midi d'été, l'âne put s'échapper et il vit la porte de l'église ouverte.Il se faufila à l'intérieur,qui était désert en ce moment, s'approcha en toute hâte d'une vasque contenant de l'eau bénite et but à grands traits.Aussitôt
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Citations

  Rives des songes.MFD.Jipé (2)

Parc du Chateau de la Motte TILLY

 

 

La reconnaissance vieillit vite.

Aristote 

 

J’ai fait un rêve dans le temps passé
Quand l’espoir était brillant
Et que la vie valait la peine d’être vécue
J’ai rêvé que l’amour ne mourrait jamais.
Les misérables

 

Pensées du jour

La patience guide l'espoir en terrain inconnu.
 
L'espoir est une lumière dans un océan de ténèbres.
 
BSS.CB.JP (13)
 
Quand il n'y a plus d'espoir il y a encore un petit espoir
 
 
 
 
 
 

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